01 octobre 2007

La complainte de la fausse artiste

Je suis une scientifique, au sens baccalauréatique du terme. Bac S, spé maths. Par facilité, certainement. Pour moi, tout (ou à peu près) coulait de source. Loin de moi l'idée de me vanter de ça, j'admire les gens qui savent rédiger une dissert de philo correctement.

Pourtant j'ai l'impression d'être hybride, une artiste ratée. J'aime les maths, j'aime la science, et pourtant là où j'ai le plus pris mon pied, c'était dans des activités totalement différentes.

Au collège, j'étais une des seuls de ma classe à aimer l'art pla. Et j'ai fait des pieds et des mains pour qu'un prof veuille bien monter une pièce de théâtre, mais c'était peine perdue.

Ensuite, en seconde, j'ai commencé le théâtre, pour de vrai cette fois. Je ne me suis jamais, JAMAIS autant éclaté dans un truc. Je passais mes vacances scolaires au lycée, à répéter, à attendre aussi, beaucoup (que les autres aient fini de répéter la pièce).
Cette impression d'être au milieu de gens comme moi (les autres lycéens nous prenaient pour des fous en nous voyant nous échauffer en étant à quatre pattes, tirant la langue, ou s'envoyant des balles imaginaires en criant "BLEU !"), passer des heures sur une réplique (pour un résultat pas forcément satisfaisant), se balader sans complexe avec des rollers, un chapeau rose géant et une longue vue dans la cour du lycée, rire, rire, rire et encore rire, tout ça, c'était le théâtre.
Beaucoup de travail, mais beaucoup de détente aussi. Et puis la semaine de représentation, le tourbillon fou furieux, où on pense théâtre, on mange théâtre, on dort théâtre, on s'habille théâtre. Le dimanche de la fin, l'énorme sensation de vide qui envahit le corps, et qui le force à sortir tout ce condensé d'émotions.
J'ai tellement aimé ça que j'ai continué à y aller en première année de fac, puis faute de temps je n'ai plus pu.
Tous ces souvenirs me rendent tellement heureuse, et en même temps si nostalgique, plus jamais je ne pourrai me mettre un collant sur la tête sans avoir honte, ou faire le cochon de manière complètement naturelle (et en chantant en Allemand, s'il vous plait). Mais j'y ai découvert des personnes très spéciales, que je n'oublierai sûrement jamais (dans le bon sens comme dans le mauvais).

En première, j'ai repris l'art pla, pareil, le kiff total. J'ai découvert la joie du papier mâché, de la peinture, de la craie grasse, tout ça m'éclatait au plus haut point. 18 au bac, nananère.

J'ai fait une année de piano, mais dans le seul et unique but de pouvoir jouer comptine d'un autre été. Objectif atteint, ça me suffit.

Tout ça pour dir que j'ai l'impression d'être une batârde, d'avoir un côté artistique enfoui quelque part qui ne demande qu'à sortir, mais qui a besoin d'être encadré (j'adore dessiner, peindre, mais je ne sais pas quoi dessiner ou peindre, j'ai besoin d'un sujet), et ça me désole. J'ai besoin de sortir tout ça, ce côté assez timbré, mais je n'ai aucune idée de comment m'y prendre...

NB : Et le théâtre, c'était pas de la gnognotte hein, théâtre municipal, 1 pièce de Ionesco, 1 biographie de Molière, 2 pièces de Brecht (3h30 de spectacle quand même). Quoi je me la pète ?

Posté par lisaa à 19:56 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur La complainte de la fausse artiste

    Et alors ?

    Je suis complètement d'accord avec TheCélinette... Pourquoi avoir mis de côté le théatre ?

    Il y a des troupes à l'université: l'ARTUS par exemple. Vazy faire un tour...
    Et puis concernant les arts pla... Pourquoi ne pas prendre de cours de dessins dans un centre social ? ou a l'univeristé populaire ? Ou de la photo ? ou de la peinture ? ou des arts créatifs ? ... Plein de choses s'offrent à toi...

    Je crois qu'il y a beaucoup de choses qui sommeillent en toi... Ecoute-les te parler, épanouis-toi !

    Et puis ne délaisse plus ton blog !!! ON veut des news, nous !
    Gros bisous
    Marie

    Posté par Marie, 19 octobre 2007 à 13:41 | | Répondre
  • Lisa, c'est la première note que je découvre de toi. Tu m'as laissé un comm. sur mon blog et je t'en remercie.

    Donc en somme à part, cette note je ne connais rien de toi. Et c'est tant mieux car ça me permet de te dire les choses sans a priori.

    Quand on a une passion au ventre Lisa, il faut la vivre. Il faut la vivre pour plusieurs raisons, parce que c'est une chance... parce que c'est vicéral... parce qu'on le regrettera toujours.

    J'ai fait du droit pour être juriste en entreprise. C'était dur mais j'ai eu ma maîtrise j'ai eu des postes dans des entreprises dont certaines très connues... Etpuis un jour j'ai annoncé : je me paye une formation en sophrologie ! Je veux bosser en gestion du stress, ou en magnétisme !

    Malgré des crises, j'ai poursuivi mon objectif. Aujourd'hui je suis formatrice en droit, gestion du stress & communication.

    Comme tout à chacun ma vie à son lot de difficultés... Mais elle me ressemble, et je prends un pied dingue à animer un cours (qui ressemble parfois à une pièce de théâtre lol).

    Remets un pied dans ta passion d'une façon ou d'une autre. Ta vie te remerciera

    Sincèrement,
    TheCélinette

    Posté par TheCélinette, 10 octobre 2007 à 10:49 | | Répondre
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